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Compte-rendu : 400e édition du festig-noz des "Lundis du Tara" (Octobre 2018)

Bonjour, aujourd’hui j’avais envie de partager avec vous un petit compte-rendu partial et partiel du Fest-Noz célébrant la 400e édition des « Lundis du Tara » : au plaisir de lire vos réactions, voir même votre propre version de l’événement ? =)
Musicalement, Vincent.


C’est aux douze coups de midi et sous un beau soleil que j’arrive sur Guipavas en ce Samedi 20 Octobre de l’an 2018. Ma destination ? L’Alizé : une magnifique salle de spectacle d’une capacité de 2500 personnes !

Après avoir passé plus de 300 heures à préparer cet événement, c’est assez confiant que je commence à décharger ma voiture remplie à ras-bord par les gobelets consignés du Tara-Inn, les affaires pour la billetterie et le merchandising, la signalisation intérieure et extérieure, sans oublier bien sûr mes instruments et micros associés.

À peine arrivé dans le hall d’entrée, Cécile – l’adorable programmatrice de L’Alizé – se précipite vers moi : « Vincent, on reçoit beaucoup d’appels de personnes persuadées que le Fest-Noz de ce soir est complet ! Que faire ? ». En voilà un sacré problème. Mais d’où vient cette rumeur ? Peut-être d’un problème de communication liés aux préventes ?

En tout cas, sur son conseil je prend sa place derrière l’ordinateur pour poster un petit mot sur le mur Facebook de l’événement afin de rassurer tout le monde, en espérant que ce soit efficace… C’est alors que Guillemette – notre débrouillarde Harpiste Chef Cuistot – passe le bout de son nez par la porte du bureau : « Tiens Vincent, tu t’étais caché ? Allez viens manger avec nous il est l’heure ! »

Je jette un coup d’œil à l’horloge de l’ordinateur et en effet il ne nous reste plus que trois-quart d’heure avant de monter sur scène pour les balances de Nostrad. Je la suit jusqu’à l’espace restauration qu’elle a été aménagé pour les 85 bénévoles qui travailleront ce soir : au menu c’est un assortiment de délicieuses quiches et crumble au caramel en dessert, le tout fait maison et accompagné de salade et vinaigrette.

Je me ressert deux fois avant de m’emparer de ma panoplie de scène et d’entrer dans la salle, plongée dans l’obscurité pour des tests lumière. Après quelques secondes de contemplation devant le rendu impressionnant du résultat et de l’ambiance qui s’en ressort, je vais saluer Marc – le super régisseur qui connaît la salle comme sa poche, l’équipe de CLIP qui assurera les lumières, sans oublier bien sûr Kevin – notre Ingénieur du son à tout faire du jour – que je retrouve sur la scène en train d’installer ses percussions tandis que les filles accordent leur Harpes à tour de rôle.

C’est Arnaud qui est à la manœuvre lors de nos balances et tout se passe bien malgré un problème de câblage sur les lignes de l’Accordéon (c’est tout le temps de notre faute hein ^^) qui nous fait mordre un peu sur les balances de Tan Arvest. Voilà d’ailleurs que Marie – la guitariste de Tan Arvest – m’appelle pour que quelqu’un vienne lui ouvrir : c’est vrai que nous sommes enfermés à l’intérieur…

Une fois les balances finies, je lance un appel général pour savoir si quelqu’un voudrait bien m’aider à disposer le fléchage extérieur dans toute la commune ? Guillemette est motivée et nous prenons le volant tous les deux afin d’aller suspendre des panneaux en polypropylène indiqués « FEST NOZ GUIPAVAS » en commençant par les bretelles de la voie-express, le point d’arrivée le plus probable du public.

Le soleil tape dur et il ne tarde pas à faire chaud. Mon téléphone sonne à nouveau tandis que nous nous apprêtions à couvrir le bourg : Grégoire de MP6 est arrivé sur place, et je me rend compte par la même occasion que je n’ai pas pensé à assigner quelqu’un pour accueillir les musiciens, dommage pour cette fois.

Il est 15h30 (soit 3h avant l’arrivée du public) quand nous rentrons au QG. Avec l’aide de Maeve, je m’attelle à l’aménagement intérieur en tapissant les murs de la salle de chaises : « Pratique ces diables qui permettent de trimballer une quinzaine de chaises simultanément » me dis-je. Pete et sa clique de barmans du Tara-Inn sont également arrivés pour monter la buvette comme des pros !

De mon côté, et avec l’aide de Claire cette fois, nous profitons d’une oreille distraite des balances de Kan-Ha-Biskoul en sortant des tables pour les stands et la buvette, sans oublier le patio extérieur où le public pourra dîner tranquillement devant un beau coucher de Soleil. À propos de public, nous croisons 2-3 personnes venues très en avance car elles tiennent à avoir une place pour ce soir. En discutant, il apparaît que la rumeur provient du site OnVaSortir… Ni Claire, ni moi n’avons de compte sur ce site Internet, aussi après avoir rassuré ces personnes nous leur demandons s’il est possible de mettre un petit mot sur OVS comme je l’ai fait ce matin sur Facebook ?

C’est en regardant dans le vague que je me rends compte que les foodtrucks sont déjà arrivés : je salue rapidement Gilles et Pierre avant de voir ce qui manque car il est déjà 17h30. Un coup de main à l’installation de la billetterie et au merchandising avant le briefing général de 18h00 : mince il manque pas mal de monde puisque seul une vingtaine de bénévoles sont présents. Pas le choix, j’énonce les consignes générales de sécurité et spécifiques à chaque poste tout en sachant que la plupart des gens ne sont pas là pour les entendre. « Espérons que ça le fasse quand même… » pensai-je.

Le public commence à arriver tandis que je pars me changer. À mon retour, une cinquantaine de personnes à déjà pris possession des lieux et attend de pied ferme le début du Fest-Noz, prévu à 19h avec le groupe Karabreizh.

Je n’ai guère le temps d’en profiter car Attila est arrivé et nous avons un duo de 15 minutes prévu à 19h45 ! Tandis que nous nous exilons dans les loges pour répéter, j’en profite pour prendre un peu de ses nouvelles car cela fait un moment qu’on ne s’était pas croisé depuis qu’il avait quitté le CADB.

19h15 : je sais enfin quels morceaux je vais jouer, et plus ou moins comment, c’est rassurant (un peu…) d’autant que l’on passe sur la petite scène dans une demi-heure. C’est la foule aux entrées, Vincent et Claire ont l’air de gérer, du coup je rentre dans la salle et me pose au niveau de la régie secondaire avec Arnaud. Il y a déjà pas mal de danseurs tandis que Karabreizh joue leur Cercle Circassien, et j’en reconnais une bonne partie malgré la semi-obscurité colorée qui règne ici.

19h30 et il est l’heure d’effectuer un rapide linecheck avec Attila. Tout se passe bien et, après une brève hésitation pour savoir si l’on jouera assis ou debout, on assure l’interlude sur le pouce. L’ambiance est chaleureuse malgré les dimensions de la salle, le public se rapproche de nous tandis que Les P’tits Poux s’installent sur la scène principale.

20h00 : ça-y-est premier passage fait ! Une fois la pression retombée, je pars dîner en compagnie des musiciens d’AJJA, de Cécile et Marc. Au menu, lasagnes classiques et végétariennes, puis brownie en dessert, le tout encore une fois fait maison : elle est très forte Guigui ! Pendant le repas, un journaliste du Télégramme interviewe Clarisse – la jolie Harpiste des Ptits Poux – et me pose également quelques questions sur le contexte et les objectifs du projet.

21h00 : je pars avec un peu de retard libérer Claire et Vincent qui assurent les entrées depuis plus de deux heures et réussi à convaincre Manon de m’accompagner à la billetterie, où la foule s’accumule le temps du passage de relais. Après avoir galéré quelques minutes le temps de s’organiser, on finit rapidement par augmenter le rythme : je m’occupe d’encaisser l’argent, de détacher chaque billet d’entrée de sa souche et de la partie de contrôle (qui finalement se révélera inutile sauf pour compter le nombre d’entrées car le compteur de public à été oublié dans un coin) avant de la tendre au public tandis que Manon rempli une enquête sur l’efficacité des canaux de communication et tamponne l’avant-bras droit de chaque personne.

Un peu avant 22h, je vois un musicien partir de la salle en grande colère : apparemment on aurait refusé de lui offrir à boire ! Ni une, ni deux, je demande aux gens en face de nous d’attendre quelques minutes tandis que je file droit vers la buvette. Sur place, je découvre que nous allons être à court de bière blonde (alors que j’avais pourtant prévu 5 fûts de 30L) : sous l’effet de la panique, Peter à préféré en réserver pour ceux qui paie, à savoir le public… Bien que je comprenne son point de vue, il s’agit d’une grosse erreur ! Je confirme à tous les barmans qu’il faut servir gracieusement tous les porteurs d’un badge d’accès, et Joe me rassure en disant qu’il va partir à l’instant au centre-ville pour ramener des fûts supplémentaires.

De retour à mon poste, il fait froid à l’entrée de la salle et je regrette d’être pieds nus sur le carrelage, mais pas le temps de s’appesantir là-dessus devant le flot continu de personnes qui défile devant nous durant plus d’une heure. Le temps qui passe est marqué par les interventions régulières de Corinne et Cécile. Au bout d’un moment on voit Joe et Jud revenir avec d’autres fûts de bière blonde : « Nos sauveurs ! » criai-je tandis que la foule présente à la buvette les applaudit à tout rompre.

22h30 : je demande à Corinne si elle accepte de prendre le relais car Manon et moi commençons à fatiguer, sans compter que je dois me préparer pour le passage de Nostrad prévu à 23h. Après avoir bût un grand verre de jus d’orange pour tenir le coup, je pars chercher mes Accordéons et micros puis rejoint les coulisses pendant que Tan Arvest termine son passage sous les applaudissements du public nombreux : « Ma parole, il y a au moins 500 personnes dans la salle ! » dis-je à Christophe à côté de moi.

22h45 : C’est au tour de Didier et Romain d’entamer leur deuxième passage sur l’estrade pendant que je m’installe entre Vincent et Guillemette pour le set désormais imminent de Nostrad.

23h00 : Ça y est c’est à nous ! Je commence notre set par un discours de remerciement dédié à toutes celles et ceux qui font que cette soirée grandiose puisse avoir lieu, en commençant par les sponsors, puis les bénévoles (j’ai oublié Danielle sur le coup, désolé), les musiciens pour leur générosité, et en finissant par le public pour être venu aussi nombreux. On enchaîne ensuite avec une Valse à 3 temps durant laquelle j’aperçois les objectifs de Bastien et Benoît – nos deux super photographes de la soirée – braqués sur nous. Le reste de notre set se passa bien hormis quelques fausses notes sur le Rondeau, notre morceau le plus récent.

Il est presque minuit et nous laissons la place à Kan-Ha-Biskoul tandis qu’Inès et Marie d’Hesonig Dentelig enchaînent immédiatement de leurs chants polyphoniques depuis l’estrade située à l’autre bout de la salle toujours remplie. Après avoir rangé mon instrument, je fais un détour par la billetterie et la buvette pour m’assurer qu’il n’y a plus de problèmes. Quant au stand merchandising, Camille et Walter assurent fort car ils y a déjà plus d’une dizaine de disques vendus entre Les P’tits Poux et Nostrad.

C’est là que je percute : « Qui s’est occupé des défraiement de musiciens et des feuilles jaunes de la SACEM ? ». Apparemment personne… Après avoir perdu un peu de temps à remettre la main dessus, je confie à Irène – l’Accordéoniste des Ptits Poux et ma gentille voisine de cour – les feuilles SACEM et m’occupe de trouver chaque groupe pour leur remettre l’enveloppe de défraiement prévue en échange des justificatifs nécessaires pour ma comptabilité.

Il est minuit-et-demi lorsque je peux enfin souffler. Je retourne dans la salle où il fait plus chaud qu’ailleurs pour écouter Kan-Ha-Biskoul et là Agnès m’interpelle : « Hey Vincent tu viens danser ? ». C’est vrai que je n’ai pas encore pu profiter de la soirée, aussi j’accepte de rejoindre une chaîne en train de danser un En-dro, bientôt suivie d’une Polka endiablée.

0h45 : l’heure du dernier intermède de la soirée. La salle commence à se vider mais Didier et Romain assurent leur troisième et dernier passage comme sur des roulettes « Ça fait bizarre de les entendre ailleurs qu’au Tara » dis-je à Anne-Cécile à côté de moi, qui acquiesce en répondant que c’est rafraîchissant comme changement et « qu’au moins ici il y a de la place pour tout le monde ! ». C’est pas faux… ;-)

La soirée se termine avec AJJA qui parvient à retenir le public restant sans difficultés. Je croise également Thomas – le talentueux vidéaste qui avait réalisé la vidéo teaser – qui commence à fatiguer, en même temps il filme depuis près de sept heures de rang ! Je profite du set d’Attila et ses compères pour danser jusqu’à plus soif : j’invite Maeve pour une Scottish, et Cécile nous rejoint pour une Laridé à 8 temps.

1h45 : Peter arrive à la fin du dernier morceau pour faire son discours de remerciement bien à lui, accompagné de Guillaume, et terminé du légendaire « Maintenant il est l’heure de rentrer chez vous ! ». Épuisé, le public ne se fait pas prier et la salle se vide en à peine dix minutes. Heureusement, des habitués du Lundi – Anne-Cécile, Jonathan, etc – ont encore de l’énergie à revendre et veulent nous aider à ranger le matériel : je les couvre de louanges avant de leur indiquer le local des tables et chaises à ranger. De mon côté, j’ai froid et je pars chercher mon manteau et remettre mes chaussures avant de plier les stands et commencer à charger de nouveau ma voiture (comme si je partais en vacances).

Avec le coup de main inespéré des habitués, tout est plié en moins d’une heure et on se retrouve bientôt avec Kevin et Guillemette à discuter sur le parking de la salle tandis que je ne rêve que de deux choses : me doucher et dormiiiiiiiiir, ce qui sera finalement le cas vers quatre heures et demie du matin…

Au final, nous avons fait suffisamment d’entrées pour ne pas être en déficit, c’est déjà ça. Même si je suis déçu de ne pas avoir pu tirer un seul centime pour moi ni rémunérer les groupes de musique pour leur belle prestation, le plus important reste que le plus de gens possible aient passé une bonne soirée et que nous avons désormais un peu de trésorerie de côté pour une prochaine fois (au moins on évitera la galère des préventes comme ça =P), reste à savoir quand : l’année prochaine ? Dans deux ans ?

Seul l’avenir vous le dira, et merci d’avoir lu mon ressenti sur cette journée extra-ordinaire à tout point de vue !