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Réflexion sur l'objet du cours d'Accordéon (Décembre 2016)

Introduction

Suite à plusieurs retours d'élèves sur les objectifs de l'enseignement que je propose, j'ai ressenti le besoin de mettre par écrit quelques généralités sur les cours d'Accordéon Diatonique afin de justifier mon cheminement et éviter ainsi l'apparition d'éventuels malentendus…

Les propos qui seront développés ci-après n'engagent que moi et, si le sujet vous intéresse, je vous invite sincèrement à venir échanger ensemble pour enrichir le débat.

Définition

Tout d'abord, lorsque l'on souhaite rédiger un essai sur l'« objet » du cours d'Accordéon Diatonique, je pense qu'il faut commencer par distinguer d'un côté le cours de technique instrumentale et de l'autre l'atelier de musiques Traditionnelles.

En effet, s'il fallait le définir, l'objectif du cours de technique instrumentale pour Accordéon Diatonique est de progresser techniquement sur l'instrument afin d'acquérir la maîtrise de tous ses aspects et possibilités. C'est une matière dans laquelle il faut être sérieux et méthodique, les conditions idéales étant – selon moi – de disposer d'un cours d'une demi-heure en individuel pour approfondir un travail détaillé et prendre en compte les difficultés propres à chaque élève.

Quant à l'atelier de musiques Traditionnelles, son but est tout autre car il s'agit là de jouer en groupe pour acquérir la maîtrise d'un ou plusieurs répertoires culturels avec la possibilité d'aménager des orchestrations. C'est une discipline avec souvent une atmosphère plus conviviale et où les envies de chacun y trouveront leur place… L'éducation au respect, à l'écoute et au partage musical prend ici tout son sens. Les conditions idéales seraient sans doute de disposer d'un cours d'une heure en ensemble formé de trois ou quatre élèves jouant chacun d'un instrument différent (de préférence) et disposant d'un niveau de pratique relativement similaire.

Pour ma part, ces deux types d'enseignement sont indispensables car complémentaires, chacun ayant des conditions d'apprentissage spécifiques menant à des objectifs distincts, sans jamais se détourner de notre finalité : la maîtrise globale de son instrument et des répertoires.

Problématique

Où se situe le problème alors ? Tout simplement dans le fait que neuf élèves sur dix ne suivent qu'une seule de ces deux matières, souvent sans savoir de laquelle il s'agit…

Que se passe-t-il pour un élève qui ne suit qu'un cours de technique instrumentale ? Souvent, le caractère "scolaire" des notions abordées peut lasser et/ou démotiver l'élève, ce qui peut – avec le temps – mettre en péril la pratique même de l'instrument ! Le fait d'être passionné par l'Accordéon Diatonique permet la plupart du temps de passer outre ces contraintes.

Maintenant que se passe-t-il pour un élève qui ne suit qu'un atelier de musiques Traditionnelles ? Souvent, on constate chez lui un manque de technique qui peut limiter ses possibilités instrumentales ! Concrètement, cet élève dispose d'un répertoire très vaste mais dont peu de morceaux sont parfaitement maîtrisés. Enfin, il est généralement confiant car il ne se pose pas toujours suffisamment de questions comme par exemple : est-ce que mes attaques sont nettes ? Mes notes sont-elles détachées ? Est-ce que j'arrête certaines notes avec le soufflet ? Est-ce que je varie la forme de compression de mon soufflet pour créer des nuances ? Quelles règles je suit pour déplacer ma main sur le clavier main droite ? Vais-je utiliser mes cinq doigts main droite ? Vais-je changer de tonalité ? Mon jeu main gauche comporte-t-il autre chose que des pompes ? Est-ce que je vais répéter plusieurs fois un thème à l'identique ou avec des variations ? Vais-je alterner la mélodie avec des accords ou riffs main droite à la reprise d'un thème ? Y a-t-il des ornementations dans mon jeu main droite ? etc…

Devant cette situation, il m'apparaît clair qu'une formation musicale complète inclut à la fois un cours de technique instrumentale et un atelier de musiques Traditionnelles, qui ne peuvent être fusionnés de part leurs contextes d'apprentissages et objectifs très différents.

Conséquences

Du côté de l'offre, nous constatons un manque de distinction entre ces deux types d'enseignement, toujours annoncés sous l'unique appellation "cours d'Accordéon Diatonique" auprès du grand public. Cet état de fait est préjudiciable pour les élèves car générateur de déceptions.

Bien que je n'estime pas détenir la solution, un premier pas serait peut-être qu'un professeur de musique accepte de partager ses élèves avec une autre personne délivrant un enseignement complémentaire au sien, ce que je fais en encourageant mes élèves brestois à rejoindre dès la deuxième année de pratique l'atelier animé par Yannig Coiron le mercredi au Centre Social de Pen-ar-Creac'h : peu coûteux, c'est une bonne façon d'appliquer la technique apprise en cours individuel sur un répertoire Traditionnel.

Ensuite, je pense que chaque lieu de cours devrait annoncer clairement le type d'enseignement qu'il propose. Dans mon cas, je considère que le rôle d'un cours est de donner une à une toutes les clés nécessaires pour acquérir puis maîtriser des notions techniques qui permettront à l'élève de devenir progressivement autonome, d'où le choix conscient de ne proposer que des cours de technique instrumentale, d'autant que cette matière est très minoritaire dans le pays de Brest où la plupart des professeurs proposent en réalité des ateliers de musique Traditionnelles.

Évidemment, l'idéal serait d'avoir un enseignant capable de moduler la forme de ses cours d'une semaine sur l'autre afin de proposer les deux matières en alternance : une semaine en individuel pour de la technique et la semaine suivante en ensemble pour du répertoire (même si – du coup – il n'y aurait que des Diatos).

Ma situation

Personnellement, je ne suis pas en état de proposer seul ce genre d'alternance d'enseignement pour trois raisons :

Conclusion

Pour résumer, cela n'enlève rien à l'envie qui m'anime de partager les quelques connaissances dont je dispose avec tous ceux que cela intéresse, d'où l'existence de la Nouvelle Méthode d'Accordéon Diatonique. De plus, lorsqu'un nouvel élève se présente – quelle que soit sa situation – je donne toujours le meilleur de moi-même et lui prodigue les mêmes conseils qu'aux autres. Après, cela ne me dispense pas non plus d'adapter la pédagogie à l'élève dans la mesure du possible, sinon quel intérêt d'avoir un cours individuel dans lequel on peut parfaitement avancer à son rythme et sans le regard ou la pression des autres ?

Pour terminer, j'en profite pour rappeler que – dans l'idéal – la formation du musicien se compose de cinq cours hebdomadaires et complémentaires :

Nous voilà enfin parvenus au bout de cet article : j'espère qu'il vous aura permis de comprendre mon point de vue sur la méprise qui se cache parfois derrière le terme de « cours » d'Accordéon Diatonique.

À bientôt pour un prochain article Diatonistique et au plaisir d'en discuter avec vous, Vincent.